Journal d'une Désespérée

Journal d'une Désespérée
Ce blog est une fiction, sous forme de journal intime,
toutes ressemblances avec un personnage ou un évènement serait fortuite.
Si vous souhaitez être averti des nouveaux articles, merci de me le dire dans un commentaire.

Je vous emmène maintenant dans la triste vie d'une fille désespérée...

# Posté le dimanche 09 novembre 2008 14:20

Modifié le mercredi 15 juillet 2009 11:13

Les premières pages...

Les premières pages...
Journal,
12 novembre 2008


Pour la première fois de ma vie, toi, journal, tu contiendras mes pensées et toutes les mésaventures qui me sont arrivées,
qui m'arrivent, et qui m'arriveront. Certains m'ont dit que ça me soulagerais d'écrire, que toute la tristesse
se perd sur des bouts de papiers.
Donc je vais te relater tout ce que j'ai sur le coeur, espérant que ma tristesse s'envole tout au long de ses pages.

Depuis le début, on me dit "bizarre", surtout de la part des élèves de ma classe, heureusement pas tous.
Ils n'aiment pas ma façon de penser, de m'exprimer, de m'habiller, tout ça parce qu'ils n'acceptent pas mes différences.
Je pense souvent à la mort, je l'avoue, mais je ne vois pas en quoi cela pourrait les déranger. Il y en a même qui ont peur de moi, qui se collent contre le mur pour me laisser passer ou bien même qui baissent la tête lorsque je les regarde.
Mais la plupart reste planté devant moi à me traiter de tous les noms, pour une seule et même raison :
Je suis différente.
Je ne vois pas pourquoi il faudrait que tout le monde soit pareil, nous ne serions que des clones qui auraient un même but, une même façon de vivre... Tout ne serait que répétition et monotonie, la vie serait encore plus triste que maintenant. C'est pourquoi l'évolution nous a créer et notre rôle sur cette terre est unique.

Mais assez parler de la relation entre moi et les élèves intolérants.
Je ne souhaite pas qui tu gardes un souvenir aussi noir
de mes camarades de classe, car ils n'ont pas tous le même avis.
Si il y a deux personnes sur lesquelles je peux compter,
c'est bien eux : Chris et Mona. Un soutien, une aide, une gentillesse.
Ce sont les personnes qui me comprennent le mieux
en ce bas monde. Comme tous les ados, il n'y a pas d'exception
pour ma mère. Elle aussi elle ne me comprends pas, et mon père...
n'en parlons pas.
Si ces deux êtres sont mes amis, c'est aussi parce qu'ils ne sont
pas bien tolérés dans la société. Liberté, Egalité, Franternité,
merci la République ! Personne ne respecte cette devise, et il se
peut qu'elle ne le soit jamais. Je te décrirai en détail chacune
des personnes qui me sont le plus cher, pour m'en souvenir
le plus longtemps possible.

C'est grâce au passé que l'on survit.

# Posté le mardi 11 novembre 2008 05:21

Modifié le dimanche 10 mai 2009 16:11

Les premières pages...

Les premières pages...
Journal,
16 novembre 2008


Revenons sur Chris et Mona. Pourquoi sont ils rejeté par la société ? Pourquoi subissent-ils des discriminations ? Tout simplement parce que la tolérance et la politesse sont en voies de disparitions.
Rare sont les personnes qui m'acceptent moi et mes amis. Si c'est ainsi c'est aussi parce que mes amis sont "différents".

Mona est belle, grande et mince, une allure recherchée par une grande partie de la gente féminine. Mais toutes ses qualités ne l'ont aidées en rien. Pour preuve : elle est traîtée de "pute" par toutes les filles du bahut, ce qui bien sûr est faux.
Cet genre de discrimination est par déduction de la jalousie. Elles ont beau se moquer de Mona et dire n'importe quoi sur elle, tout cela n'est que qu'une preuve d'infériorité.
Malgré tout Mona est fragile, très fragile.
Son père est mort. Il y a an ans. C'est comme ça que je l'ai connu.
Après la mort de son père, sa mère et elle ont déménagé. Elle a été inscrite dans le même lycée que moi et après tu devines la suite. Je l'ai vu seule, je lui ai parlé, on a sympathisé...
Et le temps a passé. Mais elle n'a pas changé. Elle a son côté mystérieux, elle est très réservée, mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Ce qui me rassure c'est qu'elle soit heureuse. Elle a perdu son père, mais elle accepte son absence, elle survit à cette perte, et ça, c'est une force. Ce qui l'a rendue fragile et qui l'inquiète est sa mère. Elle n'est pas malheureuse, bien au contraire. Mona a peur qu'elle ai ... l'esprit dérangé après ce choc. Elle et Mona habitent dans un appartment de 200 mètres carré, malgré le fait qu'elles soient deux. Elle dépense l'argent par les fenêtres, bref elle profite tellement de la vie que cela en devient alarmant.
Mona ne trouve pas la raison de cette soudaine "envie d'être". Elle s'en préoccupe jour et nuit. Pendant ce temps, sa mère ne fait pas attention à elle. "Maman préfère sortir tôt pour revenir je ne sais d'où, je ne sais quand". Chez Mona, les rôles sont inversés. C'est Mona qui respectent les horaires et qui ne provoque pas les disputes. C'est elle aussi qui accueille les "amis" de sa mère, qui sont tous différents chaque semaine.
Tout ça pour dire que Mona est une fille forte et que je ne la laisserai jamais tombé.



# Posté le jeudi 13 novembre 2008 14:06

Modifié le dimanche 10 mai 2009 16:11

Les premières pages...

Les premières pages...
Journal,
18 novembre 2008


Chris est à première vue, un "voyou", un gars qui gueule sur tout ce qui bouge et qui mérite un respect et une vénération totale.
Faux ! Les préjugés sont toujours trompeurs, toujours. Chris est bien la contraction de Christophe, non pas qu'il n'aime pas son prénom mais pour faire plus court. Ce n'est pas parce qu'il fait du skate qu'il est "rebelle", nerveux... En vérité c'est un grand timide qui demande de l'affection.Et c'est ici que je repars sur le grand sujet qui est la différence.

Chris est grand, costaud mais pas trop, dans tous les cas viril. Mais il est loin d'être bête.
Ses capacités intellectuelles sont incroyablement élevées.
A croire que son anti-sèche est collée sous sa planche.
Il est toujours souriant, drôle, mais devient aussi sérieux qu'un ... un quoi déjà ? Enfin il est sérieux quand il faut. Surtout quand c'est pour refuser de sortir avec une fille (en général beaucoup plus jeune que lui). Et il s'en sort à merveille, c'est-à-dire, sans la faire pleurer, parfois même en la faisant rire.

Il porte des vêtements de mecs, des chaussures de mecs, et pense comme un mec.
Et le plus important : il aime les mecs.
Voilà encore une différence qui est rejetée encore et encore par beaucoup de gens même à cette époque.
Depuis qu'il a avoué qu'il était homo, tout le monde le regarde de travers. Franchement, qu'est-ce que ça change ? Il n'y a que Mona et moi que ça ne choque pas. Ce qui me choque, moi, c'est que tous ses potes l'ont lâché pour ça.
J'ai une grande admiration pour lui, car il assume ses préférences, il ne s'est pas renfermé sur lui même, honteux de ce qu'il a avouer.
Non, il ne l'a pas fait, il a toujours été franc et son honnêteté est une grande qualité qui le mènera loin, et qui sait, pour rencontrer l'âme soeur ?

# Posté le lundi 17 novembre 2008 13:18

Modifié le dimanche 10 mai 2009 16:10

Les premières pages...

Les premières pages...
Journal,
24 novembre 2008


Si je devais me décrire, je ne saurai pas quoi dire. Franchement, qui a-t-il d'intéressant à dire sur soi ? Moi je ne trouve absolument rien qui pourrait attirer l'oeil. En tout cas d'un point de vue mélioratif.
Rien en moi n'est très positif en fait, que ce soit physiquement ou moralement. Je ne crois pas avoir quelque chose de bien depuis ma naissance, car je ne fais que du mal depuis que j'existe. Rien qu'à dire ma date de naissance, tout le monde à des frissons dans le dos : 6 juin 1993 soit 06/06/93. Même le six est dans mon année de naissance puisque neuf et trois sont des multiples de six. Six de partout... le diable existe vraiment.
Et bien sûr, le jour de ma naissance, tout s'est passé de travers.
D'après le témoignage de ma grand-mère, le 6 juin 1993, j'ai faillit mourir. Pour de nombreuses causes :
- l'accouchement devait avoir lieu au minimum dans deux mois, donc je suis née de façon très précoce.
- ma mère à attrocement souffert lors de l'accouchement même si elle avait ingurgité une grande quantité de tranquilisants et autres drogues médicinales.
- l'accouchement à durée une heure
...
Et j'en passe. Dès ma naissance, la mort rôdait déjà. Et je commençais déjà à me faire détester. Ma grande soeur, si je peux appeler ça une soeur, m'a toujours détesté. Mon plus vieux souvenir remonte à mes cinq ans, lorsque je lui ai demandé pourquoi elle était si en fâchée avec moi. Pour seule réponse, ma soeur, âgée alors de dix ans me répondit avec férocité que j'avais tué mon frère.
Un frère ? Quel frère ? j'étais tellement naÏve quand j'étais petite. Ma soeur m'a ensuite expliqué que j'étais sortie du ventre de ma mère trop tôt et que mon jumeau n'y avait pas survécu. Dès cinq ans je me sentais coupable. Dès cinq ans je me suis renfermée sur moi même, car j'avais peur de m'ouvrir aux autres et de leur faire du mal. Et puis les années ont passées. J'ai commencé à changer, ce qui ne plu pas à tout le monde. Je ne savais pas quoi faire, j'étais seule, terriblement seule. Vers 7-8 ans mes cheveux ont foncés à une vitesse effrayante. Puis ma mère devint "dérangée". Dès que je touchais à quelque chose, elle criait comme si je l'avais cassé. Après il y a eu cette période où elle faisait attention à moi, trop attention d'ailleurs...
Mais elle s'en lassa vite et elle découvrit la bouteille. "Ah l'alcool" disait-elle lorsqu'elle était sâoule, "enfin un truc qui me permet de t'oublier, toi !".
Choquant, pour une enfant de 12 ans d'entendre ça de sa mère. Et bien pas pour moi. J'étais tellement habituée aux discriminations à cet âge que je n'y faisais plus attention. Mais celui qui faisait le moins attention à moi à cette époque, et aujourd'hui aussi, c'est l'homme, le mâle de la maison, qui est pour ainsi dire, mon père. Typique l'homme américain moyen, qui boit de la bierre, se gratte le cul pendant un match de foot, et qui devient violent lorsque la télé ne marche pas. La seule différence est qu'il ne parle pas un mot d'anglais. A le voir dans la rue on le prendrait pour un illlettré ou un clodo. Tout ça pour dire que j'ai été rejété depuis ma naissance et par les personnes qui m'ont élevée.
Mais les grands-parents sont d'une grande aide ! Non, encore de l'ironie. Les vieux sont encore pires que mes parents. Pourquoi es tu tout en noir ? Pourquoi tu ne souris jamais ? Pourquoi ton tein est si livide ? Tu es malade ? Je t'en pose des questions moi ?! Y en a marre de ces vieux croutons qui ne comprennent rien à rien. Si je suis tout en noir, c'est que je fais le deuil de ma naissance. Si je ne souris pas , c'est que je n'en ai pas l'occasion. Si j'ai le tein pâle, c'est parce que ma peau ne mérite pas de la couleur, et que je me siffle une bouteille de vinaigre par semaine, ce qui me donne un visage jaune maladif. Si j'ai l'air malade, c'est parce que je suis malade de cette vie, qui m'a pourri mon enfance, qui me rend suicidaire, car j'en ai marre, j'en ai marre de tout...

# Posté le lundi 24 novembre 2008 13:52

Modifié le dimanche 10 mai 2009 16:12